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JUIN

Entretien avec Bruno ABRAHAM
Un pari qui n'est pas gagné d'avance

« Un pari qui n’est pas gagné d’avance »

Pro A. Hennebont a bouclé son championnat, mardi, à la 6e place. La saison délicate, l’avenir dans la nouvelle salle et les gros défis : le président de la Garde du Vœu, Bruno Abraham, fait le point.

Entretien

Bruno Abraham, président de la Garde du Vœu d’Hennebont.

Quel bilan dressez-vous de cette saison délicate ?

Je suis déçu. On avait une équipe capable de jouer le titre pour notre dernière saison dans le « chaudron ». La fête aurait été belle. Et cela aurait été un beau cadeau de la part des joueurs pour Boris (Abraham), qui arrête ses fonctions de coach (pour devenir manager général à plein temps). Mais c’est le sport.

Vous avez très mal démarré le championnat (5 défaites en 5 matches). Avez-vous eu des craintes de descendre en Pro B ?

Oui, j’ai eu très, très peur. C’est la première fois depuis qu’on est en Pro A que les résultats sportifs ont impacté ma santé. J’avais perdu 5 kilos. Et dès qu’on s’est remis à gagner, j’ai retrouvé un peu la forme. Cette année, il y avait des enjeux importants, avec ce départ dans un nouvel équipement. Une descente aurait eu des conséquences financières très importantes. Cela aurait pu remettre en cause la pérennité du club.

Justement, dans ce « Hennebont Ping Center », vous allez changer de dimension à la rentrée.

Oui, on passe dans une autre dimension, où je me compare aux sports majeurs. Je n’ai pas peur de le dire, quitte à en faire sourire certains. On aura un complexe sportif de tout premier plan, des installations pour le centre de formation digne des principaux clubs de football, même si ce n’est « que » du tennis de table. Économiquement, on change aussi de dimension, avec d’autres contraintes. C’est un sacré pari pour nous, qui n’est pas gagné d’avance, avec un loyer conséquent (50 000 € par an), plus tous les à-côtés en termes d’assurances, on sera à 60-70 000 €. Ce n’est pas rien.

Le budget du club sera forcément plus conséquent à partir de la saison prochaine ?

C’est là qu’il y a une part d’incertitudes, et où se situe le risque. Tout le monde doit être bien conscient que cela ne va pas être évident avec les charges nettement plus importantes. Il va falloir trouver de nouvelles recettes, et ce n’est pas simple. On cherche un « namer » pour la salle, cela fait deux ans qu’on est à fond, et on ne l’a pas trouvé. On est au point mort. Aujourd’hui, la conjoncture n’est pas du tout favorable. On est dans une situation difficile. On est dans le tennis de table, et non dans le football, le cyclisme ou la voile. Trouver de l’argent pour notre sport ne se fait pas d’un claquement de doigts ou en développant une théorie.

Source : Ouest France du 16 Juin 2022, propos recueillis par Baptiste COGNÉ.

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