13
MAI

Interview du président
Bruno Abraham

Bruno Abraham (Hennebont) : « On ne peut pas avoir plus beau cadeau »

 

La Garde du Vœu Hennebont a décroché, samedi soir à Sarrebruck en Allemagne, le premier titre européen de son histoire, l’ETTU Cup. Une énorme satisfaction pour le président d’un club qui fête ses 50 ans, Bruno Abraham. Entretien.

 

C’est fait, Hennebont tient son premier trophée européen de son histoire. Quel sentiment prédomine ?

 

Je ressens énormément d’émotion. Cela fait vingt-deux ans que je suis président du club, seize ans que l’on est en Pro A. J’ai déjà été champion de France, mais une Coupe, ça n’a rien à voir. J’ai pu lire que, lorsque le Stade Rennais a gagné la Coupe de France, Monsieur Pinault (propriétaire du club) a déclaré qu’il n’avait jamais vécu quelque chose de plus fort sur le plan émotionnel. Maintenant, je comprends. Cela fait trois semaines que je stresse. Du stress que je n’avais jamais connu. J’ai pris des risques dans ma vie pour pas mal de choses, mais là, c’est particulier. Il n’y a que le sport qui procure cela.

 

Est-ce votre plus belle émotion en tant que président ?

 

Ah oui. Je n’ai pas ressenti la même chose lorsqu’on a été champions de France (à quatre reprises) parce qu’il y a tellement de choses derrière. J’ai aussi pensé à mon fils Charles, parce qu’il est toujours présent avec nous, là-haut. L’aventure a commencé avec lui…

 

Le club attendait ça depuis 50 ans…

 

Oui, c’est une grande satisfaction. Une grande joie pour le club, pour Boris (Abraham, le coach) parce que c’était son choix d’avoir une équipe jeune, il y a plusieurs années. C’est la récompense de son travail. Une reconnaissance de son professionnalisme. C’est un grand patron, un grand manager. Une grande fierté en tant que papa. Sur le plan sportif, je crois qu’on est le premier club breton, tous sports confondus, à ramener une Coupe d’Europe. C’est une fierté.

 

Sur la table, le plan a parfaitement fonctionné pour vos joueurs contre Saarbrücken ?

 

Il fallait oser faire un choix tactique en mettant une nouvelle fois Fan (Shengpeng) contre leur Slovène Jorgic (victoire 3-0 du Chinois). C’est aussi un signe de la complicité qu’il y a entre Boris et ses joueurs. Il savait ce qu’il faisait. Et je pense que les Allemands ont été surpris.

 

Vous disiez, après la finale aller (3-1), que vous aviez cette saison la « meilleure équipe » d’Hennebont. Cela renforce vos propos après ce titre ?

 

 

Votre leader, Liam Pitchford, va s’en aller sur un titre…

 

Je suis content pour lui. Il ne voulait pas quitter Hennebont sans un titre. Il nous donne le plus beau. On peut être encore champion de France, mais on s’en « moque un peu » aujourd’hui. On fait tout pour qu’il revienne un jour au club. Il y a une forte volonté mutuelle pour qu’il rejoue à Hennebont. On va tout mettre en œuvre dans ce sens.

 

Le club va pouvoir souffler sereinement sa 50e bougie d’anniversaire à l’issue de la saison…

 

On ne peut pas avoir plus beau cadeau. On va inviter très prochainement les supporters et la population pour fêter cela avec nous.

 

Désormais, Hennebont sera encore un peu plus attendu au tournant ?

 

On est déjà attendu. Les clubs n’aiment pas venir jouer à Hennebont, c’est difficile, c’est particulier. Mais avec le nouveau complexe que l’on aura, cela montre qu’on veut prendre une nouvelle dimension. Elle est en marche. On est déjà un gros club, en étant 7e au « ranking » européen. J’espère que ce titre sera aussi un appel d’air pour obtenir de nouveaux partenaires. On en a besoin.

 

La Ligue des champions ? Oui, on y pense. Mais il faut être honnête, du côté de la Russie, il y a de la démesure financière. Nous, on n’est pas à ce niveau-là. Cela n’explique pas tout. Mais on fera les choses étape par étape. On fera tout pour, demain, rapporter une autre Coupe d’Europe.

Source : Ouest-France du 13/05/19 recueilli par Baptiste COGNÉ.

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